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Après de discrètes municipales, Lecornu entame son agenda du "quotidien"
information fournie par AFP 24/03/2026 à 03:55

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, le 15 mars 2026 à Vernon ( POOL / Martin LELIEVRE )

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, le 15 mars 2026 à Vernon ( POOL / Martin LELIEVRE )

Particulièrement silencieux aux municipales, Sébastien Lecornu retrouve le Parlement cette semaine, avec la volonté affichée de répondre aux préoccupations concrètes des Français, à défaut de pouvoir s'engager dans de grandes réformes sur lesquelles il risquerait d'être censuré à l'approche de la présidentielle.

Devenu lui-même maire-adjoint de Vernon (Eure) mais sans s'être impliqué dans cette campagne où son camp n'a pas brillé, "il veut passer de Premier ministre habile" à faire passer le budget avec l'aide des socialistes "à Premier ministre utile", résume un conseiller.

Celui qui se présente comme un "moine-soldat" reprendra la parole mardi lors de la séance des questions au gouvernement, avant d'ouvrir un débat sans vote mercredi à l'Assemblée nationale et au Sénat sur le conflit au Moyen-Orient.

Sébastien Lecornu dit vouloir améliorer le "quotidien" des Français. Mais il risque surtout, à un an de la présidentielle, d'être cantonné à gérer les urgences, au premier rang desquelles les prix des carburants qui flambent, en raison de cette guerre qui se prolonge et d'une intensification des attaques contre les installations énergétiques.

Dans ce contexte international qu'il associe à un "basculement du monde", le Premier ministre prévoit d'accélérer l'actualisation de la loi de programmation militaire, qui sera présentée en Conseil des ministres le 8 avril et arrivera "plus vite" au Parlement qu'envisagé.

Un texte qui fait consensus et qu'il ne manquera pas d'aborder lors du débat mercredi, tout comme sans doute les prix à la pompe.

- "Couteaux" -

Pour l'instant le gouvernement, astreint à la discipline budgétaire, temporise et se contente de pallier les difficultés de trésorerie des secteurs touchés, comme les agriculteurs, les transporteurs ou les pêcheurs, sans baisser les taxes sur les carburants.

Sébastien Lecornu a demandé lundi aux raffineurs d'évaluer leur capacité "à augmenter rapidement et temporairement la production en produits raffinés" dans l'espoir d'"alléger la tension" sur ces marchés, mais leurs marges de manoeuvre semblent très limitées.

La faible participation aux élections municipales, qui n'ont "sacré personne", impose d'"agir concrètement, au plus près du terrain", a-t-il fait valoir dans un courrier aux maires lundi, en défendant sa méthode du compromis.

Comme les nouveaux édiles devant leurs conseils municipaux, il a présenté dans cette lettre ses priorités: la sécurité du quotidien, sur laquelle un projet de loi sera présenté mercredi en Conseil des ministres, la simplification, la décentralisation ou encore la santé, avec une réforme des Agences régionales de santé (ARS) annoncée "dans les tout prochains jours".

Mais la fenêtre parlementaire est étroite. Le gouvernement et les parlementaires ne disposent que de quelques mois avant une nouvelle interruption des travaux pour les sénatoriales en septembre, qui seront aussitôt suivies par les débats budgétaires.

Or les textes sont nombreux, et au gouvernement, "tout le monde aiguise ses couteaux pour faire de la place", rapporte un conseiller ministériel.

- "Se détacher" -

Le chef du gouvernement n'a pas la possibilité de présenter de grandes réformes structurelles, étant toujours privé de majorité à l'Assemblée nationale, où son sort reste fragile.

Sébastien Lecornu essaie donc "au maximum de se détacher, il n'est pas dans une logique de chef d'une majorité", décrypte une autre source au sein de l'exécutif.

D'autant plus en période pré-présidentielle, dont "le corollaire, c'est une stabilité gouvernementale" car "on ne peut pas être à la fois sur +qui gouverne+ et sur +qui va gouverner en 2027+", complète un autre.

Son fragile "socle commun" de la droite et du centre, qu'il a réuni lundi soir, s'est plutôt bien accordé aux municipales, à défaut de trouver la clé de l'union pour la présidentielle, à laquelle moult dirigeants ont appelé dimanche soir.

L'échec des alliances du Parti socialiste avec la France insoumise a en outre allégé un peu la menace de censure. Le patron du PS Olivier Faure, qui a accepté ces rapprochements, "n'est pas en position de force", "ce qui préserve le gouvernement d'un changement d'attitude des socialistes", décrypte un autre conseiller ministériel. Et donc du vote d'une censure.

1 commentaire

  • 07:10

    Le bla-bla de la macronie, personne n'y croit plus. Les Français veulent des résultats. Quant au bla-bla de Lecornu, on y croira quand de vraies économies seront faites dans les dépenses de fonctionnement de l'État. Autant dire que ce n'est pas pour demain.


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